En bref
  • Deux grandes familles de support : lesté (blocs béton posés au sol) ou ancré par vis de fondation.
  • Dans le Sud-Ouest, PVGIS place l'inclinaison optimale entre 37 et 39°. Entre 30 et 45°, vous restez à environ 1 % de l'optimum.
  • Moins de 3 kWc et 1,80 m de haut au plus, hors secteur protégé : aucune formalité. Au-delà : déclaration préalable en mairie.
  • Les erreurs qui coûtent cher : lest sous-dimensionné, ombres d'hiver oubliées, hauteur mal mesurée.

Au sol ou sur le toit : quand le jardin est le bon choix

Sur un toit, vous subissez son orientation et sa pente. Au sol, vous les choisissez. C'est le principal avantage d'une installation dans le jardin : les panneaux regardent plein sud, à l'inclinaison voulue, même si la maison est orientée est-ouest.

D'autres arguments comptent :

  • Pas de travaux sur la couverture : aucune tuile déposée, aucun risque d'infiltration, aucune question sur la charpente.
  • Un accès facile : nettoyage, contrôle des connecteurs ou ajout de panneaux se font sans échafaudage.
  • Des panneaux bien ventilés : l'air circule dessous, ce qui limite leur échauffement l'été.

Il y a aussi des contreparties. L'installation prend de la place sur le terrain. Elle doit échapper aux ombres des arbres, de la haie et de la maison. Et il faut amener le câble jusqu'au tableau électrique, souvent par une tranchée.

Le support : lesté ou vis de fondation ?

Le support tient les panneaux à la bonne pente et les empêche de s'envoler. Le vent est la vraie contrainte : une rangée de panneaux inclinés agit comme une voile. Le choix de la fondation dépend surtout de votre terrain.

Le support lesté : posé, pas ancré

Le support repose sur des blocs béton posés à même le sol. C'est leur poids qui retient la structure. Aucun trou, aucun terrassement : la pose est rapide, et l'installation se démonte sans laisser de trace.

Il faut en revanche un sol plat et stable, et des lests calculés pour le vent de votre région. Des blocs posés « au jugé » ne garantissent rien le jour où le vent se lève.

La vis de fondation : ancrée dans le terrain

Une vis de fondation est un pieu métallique galvanisé que l'on visse dans le sol, comme un tire-bouchon géant. La structure se boulonne sur sa tête. Elle tient par le frottement de la terre, sans massif de béton.

C'est la solution des terrains en pente, des sols meubles et des sites très ventés. Elle demande un outillage de vissage et un sol sans grosses roches : un essai de vissage avant la commande évite les mauvaises surprises.

Pied d'un support de panneaux solaires en aluminium boulonné sur la platine d'une vis de fondation galvanisée, enfoncée dans la pelouse
Pied de support boulonné sur une vis de fondation galvanisée : la terre autour vient d'être remuée par le vissage.

Le comparatif

CritèreSupport lestéVis de fondation
Terrain idéalPlat, stable, pelouse ou gravierPente, sol meuble, site venté
TravauxAucun terrassementVissage à l'outil ou à la machine
DémontageTrès simplePossible (dévissage)
Point de vigilancePoids des lests calculé au ventNature du sol (roches, remblais)

Une troisième voie existe : les plots en béton coulés sur place. Très solides, ils sont aussi définitifs : on les choisit plutôt pour une installation qui ne bougera plus.

Combien coûte un support au sol ?

Pour vous donner un ordre d'idée, Sunrak publie un exemple réel de support de panneaux solaires au sol : 6 panneaux inclinés à 30°, 671,05 € HT, soit 805,26 € TTC, hors panneaux, blocs béton et pose. Pour dessiner le vôtre (inclinaison, hauteur, type de fondation), son configurateur 3D de support au sol est gratuit et fournit un plan coté en PDF.

Inclinaison et production : ce que dit PVGIS

PVGIS est l'outil de calcul solaire de la Commission européenne. Nous l'avons interrogé le 17 octobre 2026 pour six villes du Sud-Ouest et du Sud, avec ses réglages par défaut : base d'ensoleillement SARAH3 et pertes système de 14 %. Les résultats sont donnés pour 1 kWc de panneaux orientés plein sud.

Ville15°30°45°60°Optimum PVGIS
Pau1 1661 2321 2361 1771 242 (38°)
Tarbes1 1841 2531 2591 1991 265 (38°)
Bayonne1 1581 2181 2181 1551 227 (37°)
Bordeaux1 2041 2691 2711 2071 278 (38°)
Toulouse1 2401 3071 3071 2381 316 (37°)
Montpellier1 4071 4971 5061 4321 513 (39°)

Production annuelle estimée en kWh par kWc installé, plein sud. Source : PVGIS 5.3, calcul du 17 octobre 2026.

Entre 30 et 45°, la différence est minime

Le tableau le montre : entre 30 et 45°, vous restez à environ 1 % de l'optimum partout. À Pau, 30° donne 1 232 kWh par kWc, contre 1 242 à l'optimum de 38°. Inutile donc de chercher le degré près. Choisissez plutôt la pente qui garde la structure basse et peu exposée au vent.

Plus incliné pour l'hiver, moins pour l'été

L'inclinaison change surtout la répartition dans l'année. À Pau, PVGIS donne pour 1 kWc :

  • à 30° : environ 294 kWh de novembre à février et 500 kWh de mai à août ;
  • à 60° : environ 341 kWh de novembre à février (+16 %), mais 409 kWh de mai à août (−18 %).

Une pente forte a donc du sens si votre consommation est surtout hivernale, avec une pompe à chaleur par exemple. Sur l'année, elle coûte environ 4 % de production. Pour une maison qui consomme davantage l'été (climatisation, piscine), restez autour de 30°.

L'orientation : plein sud, à 45° près

Un écart de 45° vers l'est ou l'ouest reste acceptable. À Pau, à 30° de pente, une orientation sud-est ou sud-ouest donne environ 1 158 à 1 164 kWh par kWc, soit environ 94 % du plein sud. Au sol, vous choisissez librement l'orientation : profitez-en.

Exemple chiffré

Cinq panneaux de 500 Wc font 2,5 kWc. Posés plein sud à 30° à Pau, ils produiraient environ 3 080 kWh par an selon PVGIS (2,5 × 1 232). Pour savoir quelle part vous consommerez vous-même, et si une batterie est utile, testez notre simulateur de rentabilité solaire + batterie.

Formalités en France : les seuils de 3 kWc et 1,80 m

Pour des panneaux au sol, deux chiffres décident de la démarche : la puissance crête de l'installation et sa hauteur maximale au-dessus du sol. Le code de l'urbanisme les fixe aux articles R*421-2 (dispense de formalité) et R421-9 (déclaration préalable), dans leur version en vigueur depuis le 16 novembre 2024.

Puissance crêteHauteur maximaleCas généralSecteur protégé
Moins de 3 kWc1,80 m au plusAucune formalitéDéclaration préalable
Moins de 3 kWcPlus de 1,80 mDéclaration préalableDéclaration préalable
De 3 kWc à moins de 3 MWcQuelle que soit la hauteurDéclaration préalablePermis de construire

Secteurs protégés : sites patrimoniaux remarquables, abords d'un monument historique, sites classés, réserves naturelles et parcs nationaux. Votre mairie vous dira si votre terrain est concerné.

Comment compter la puissance

Additionnez la puissance crête de tous les panneaux. Avec des panneaux de 500 Wc, cinq panneaux font 2,5 kWc et restent sous le seuil. Six panneaux font 3,0 kWc : le seuil de 3 kWc est atteint, et une déclaration préalable devient nécessaire, quelle que soit la hauteur.

Comment mesurer la hauteur

Le texte parle de la hauteur maximum au-dessus du sol : c'est le point le plus haut des panneaux qui compte. Prenons un panneau de 1,90 m de long, posé en portrait à 30° : il s'élève d'environ 0,95 m. Avec 0,50 m de garde au sol, le haut culmine vers 1,45 m. Deux panneaux l'un au-dessus de l'autre, et l'on passe à environ 2,40 m : déclaration préalable obligatoire.

À savoir

Selon service-public.fr, la pose de panneaux solaires au sol est soumise à la taxe d'aménagement, avec une valeur forfaitaire de 10 € par m² pour le calcul. Le centre départemental des impôts fonciers vous renseigne sur le montant.

Côté électricité : Enedis et assurance

La fiche de service-public.fr sur la production d'électricité solaire vise aussi les panneaux installés dans un jardin. Si vous consommez toute votre production, vous signez une convention d'autoconsommation sans injection (CACSI) avec Enedis avant la mise en service. Si vous revendez le surplus, vous faites, vous-même ou par l'installateur, une demande de raccordement à Enedis ; ce service est payant. Dans les deux cas, une assurance responsabilité civile est obligatoire pour l'installation. Pour aller plus loin, lisez notre guide de l'autoconsommation photovoltaïque.

Les erreurs à éviter

  1. Lester au jugé. Le poids des blocs se calcule à partir de la surface des panneaux, de leur pente et du vent de votre région. Un support qui bascule abîme les panneaux et peut blesser.
  2. Oublier les ombres d'hiver. À midi au solstice d'hiver, le soleil ne monte qu'à 22 à 23° environ dans le Sud-Ouest. Un objet de 1 m de haut projette alors une ombre de 2,3 à 2,5 m. Une haie, un abri de jardin ou la rangée de devant peuvent masquer vos panneaux tout l'hiver.
  3. Serrer les rangées. Une rangée qui s'élève de 0,95 m fait de l'ombre sur 2,2 à 2,4 m derrière son bord supérieur en décembre. Espacez en conséquence.
  4. Mal mesurer la hauteur. Sur un terrain en pente, le point haut se mesure depuis le sol, là où il est le plus éloigné des panneaux. Quelques centimètres au-dessus de 1,80 m suffisent à imposer une déclaration préalable.
  5. Additionner trop vite. Un sixième panneau de 500 Wc fait passer l'installation à 3 kWc, donc en déclaration préalable.
  6. Négliger le câble jusqu'à la maison. Plus la distance est longue, plus la section du câble doit être forte pour limiter les pertes. Faites-la calculer par l'électricien, et prévoyez une gaine adaptée pour la partie enterrée.
  7. Poser trop bas. Laissez assez de garde au sol pour passer la tondeuse et éviter que les herbes hautes ombragent le bas des panneaux.
  8. Mélanger les métaux. Visserie inox, profilés en aluminium et acier galvanisé : en bord de mer, sur la côte basque par exemple, l'air salin attaque vite un acier mal protégé.
Votre projet au sol, chiffré

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Pour dimensionner l'ensemble (panneaux, onduleur, stockage), lisez aussi notre guide pour bien dimensionner un kit autonomie maison et notre page sur l'onduleur hybride.

Questions fréquentes

Faut-il une autorisation pour poser des panneaux solaires au sol ?
Hors secteur protégé, une installation au sol de moins de 3 kWc dont le point le plus haut ne dépasse pas 1,80 m est dispensée de formalité. Au-delà de 1,80 m, ou à partir de 3 kWc, il faut une déclaration préalable en mairie (articles R*421-2 et R421-9 du code de l'urbanisme). En secteur protégé, la déclaration préalable est exigée dès le premier panneau, et un permis de construire à partir de 3 kWc.
Quelle inclinaison choisir pour des panneaux au sol dans le Sud-Ouest ?
D'après PVGIS, l'inclinaison optimale se situe entre 37 et 39° de Bayonne à Montpellier. Entre 30 et 45°, la production annuelle reste à environ 1 % de l'optimum. Une pente plus forte, vers 60°, produit davantage en hiver mais moins sur l'année.
Lest béton ou vis de fondation : que choisir ?
Sur une pelouse plane et un sol stable, le lest béton est le plus simple : aucun terrassement et un démontage facile. Sur un terrain en pente, meuble ou très exposé au vent, la vis de fondation ancre la structure dans le sol sans massif béton. Dans les deux cas, le lest ou la vis se dimensionne au vent du site.
Combien coûte un support de panneaux solaires au sol ?
Le prix dépend du nombre de panneaux, de l'inclinaison et de la fondation. Exemple réel publié par Sunrak : un support pour 6 panneaux inclinés à 30° revient à 671,05 € HT, soit 805,26 € TTC, hors panneaux, blocs béton et pose.
Quelle distance laisser entre deux rangées de panneaux ?
À midi au solstice d'hiver, le soleil ne monte qu'à 22 à 23° environ dans le Sud-Ouest : un objet de 1 m projette une ombre de 2,3 à 2,5 m. Une rangée qui s'élève de 0,95 m fait donc de l'ombre sur 2,2 à 2,4 m derrière son bord supérieur. Prévoyez au moins cette distance pour que la rangée arrière reste au soleil en hiver.
Faut-il prévenir Enedis pour des panneaux au sol ?
Oui, comme pour des panneaux de toiture. En autoconsommation totale, il faut signer une convention d'autoconsommation sans injection (CACSI) avec Enedis avant la mise en service. Pour revendre le surplus, il faut une demande de raccordement. Une assurance responsabilité civile est obligatoire pour l'installation.

Sources lues le 17 octobre 2026 : service-public.fr, autorisation d'urbanisme pour des panneaux solaires au sol (vérifiée le 17 janvier 2025) et obtenir de l'électricité avec des panneaux solaires (vérifiée le 1er octobre 2025) ; code de l'urbanisme, articles R*421-2 et R421-9 sur Légifrance ; production : PVGIS (Commission européenne).